Alison Bernardi Equipe de France Roller

Bonjour, je m’appelle Alison BERNARDI, je fais du roller de vitesse au club de Pibrac.

Quand tu arrives en compétition, comment décrirais-tu ton état mental idéal ?

Je pense que mon état mental idéal, c’est vraiment quand les semaines d’avant j’ai réussi à faire des bons entraînements et que j’allais vite, que j’étais physique et du coup je me sens prête pour la compétition quoi..

Avant une grande course, est-ce que tu as des rituels, des routines de préparation que tu fais naturellement ?

Avant les grandes courses j’essaye de récupérer au maximum : privilégier le sommeil, de la récupération aussi, des muscles, et voilà…
Aussi, nous on a des courses tactiques du coup c’est vrai que j’essaye de me faire plusieurs scénarios dans ma tête, de comment ça pourrait se passer, pour justement prévoir et anticiper quand ça arrive.

Comment gères-tu la pression quand les enjeux sont élevés ?

Quand les enjeux sont assez élevés j’essaie quand même de relativiser et puis aussi de me dire que j’ai travaillé pour. D’essayer de garder du coup la confiance en moi et voilà de me dire que je donnerai le max et on verra ce que ça donnera.

Est-ce qu’il y a des situations en cours qui te font perdre ton focus ?

C’est vrai qu’en compétition, surtout sur des championnats d’Europe ou du monde, qui durent plusieurs jours, ça arrive qu’on loupe une course et pourtant il en reste plein après. Et des fois c’est quelque chose qui peut me déstabiliser si je me focus trop sur la course s’est mal passée.

As-tu déjà suivi un accompagnement mental ? Qu’en retires-tu ?

Réponse : Du coup oui j’ai suivi un petit peu un accompagnement de préparation mentale. Et ce que j’en ai retiré c’est qu’il faut assez rapidement, avec son préparateur, essayer de comprendre sur quoi on aimerait travailler pour que ça fonctionne bien et que du coup on puisse avancer sur la même longueur d’onde.

Comment se passe le “après” accompagnement ? Est-ce que tu travailles ces aspects seule ?

Du coup, seule j’essaye d’un petit peu réappliquer les clés que j’ai pu apprendre avec les accompagnements que j’ai eu, notamment sur la confiance en soi, sur le fait de douter en compétition et du coup de l’utiliser pour donner le max et être dans les meilleures conditions.

Qu’est-ce qui t’avait poussé à être suivie à l’époque ?

Moi pour le coup ça a été une opportunité qui s’est présentée à moi, mais c’est vrai que c’était une bonne expérience et je le recommanderais si il y en a qui sentent que ça peut être quelque chose qui peut les débloquer.

Si tu devais identifier aujourd’hui ton principal point de fragilité mentale en compétition lequel serait-ce ?

Comme j’ai pu peut-être le dire un petit peu avant, ce serait le fait que, des fois si ça se passe mal sur une course, je peux vite cogiter et du coup douter de moi et tout remettre en question alors qu’en fait la forme est là et que c’est juste quelque chose qui a pu mal se passer une fois. 

Est-ce qu’il y a des moments dans la saison, ou tu te sens que l’aspect mental te coûte plus, te fait plus défaut ?

Je pense que les moments qui peuvent être dur c’est quand j’ai des grosses chances à la fois au niveau scolaire et au niveau sportif, c’est un peu dur à tout gérer et quand je perds un peu les pédales sur ces deux points des fois mentalement c’est compliqué.

Tu combines le haut niveau avec les études. Comment gère-tu la charge mentale globale ?

C’est vrai que c’est pas facile parce que moi, dans ma saison sportive, en général, les compétitions les plus importantes arrivent en même temps que les gros partiels, les gros examens. C’est des moments difficiles à passer, j’essaie toujours de me dire que ça va se calmer, que je vais peut-être pouvoir souffler un petit peu au niveau des cours, donc j’essaie de passer tout ça comme ça

Aujourd’hui, si tu avais accès à l’accompagnement en préparation mentale, qu’est-ce que tu aimerais qu’il t’apporte en priorité ?

Aujourd’hui, si j’étais amenée à retravailler avec un préparateur mental, je pense que j’aimerais vraiment travailler, encore plus en profondeur, sur les aspects de confiance en soi, de comment réagir lorsqu’on doute en compétition, pour directement se remobiliser. Parce que je pense que c’est vraiment les deux points qui me font le plus défaut, et je pense pas qu’à moi d’ailleurs, et c’est quelque chose qui peut être vraiment primordial en compétition et en championnat.

Quel(s) conseil(s) pourrais-tu donner à la jeunesse par rapport à la préparation mentale ?

Moi je dirais que c’est quelque chose qui peut vraiment être à explorer. Même si aujourd’hui ce n’est pas assez connu, je pense que c’est quelque chose qu’il faut sentir au fond de soi, si on en a besoin, d’aller se tourner vers les bonnes personnes, rencontrer les gens qui vont matcher avec nous, et qui vont vouloir vraiment travailler sur les aspects qu’on a besoin de travailler.

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